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Vie paroissiale

Maison Paroissiale :

L’ouverture de la maison paroissiale se fait :

Tous les jeudis, vendredis et samedis
De 10h30 à 12h00

14 place du Général de Gaulle 62310 Fruges
Tel :03 21 03 79 95
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CCFD TERRE SOLIDAIRE :

les enfants du Rimboval passe chez les habitants du village pour vendre des tartes ou des brioches au profit du CCFD http://ccfd-terresolidaire.org/

MESSE DE SAINTE ANTOINE

(dimanche qui suit la St Antoine)

Aujourd’hui, Rimboval et Inxent alentour fêtent saint Antoine l’Ermite, un moine qui vécut pendant l’Antiquité et à qui l’on attribue le pouvoir de prémunir les animaux contre la maladie. À Rimboval, la fête a longtemps rassemblé les foules. Retour sur cette tradition séculaire.

Pourquoi fête-t-on saint Antoine à Rimboval ? L’origine de la bénédiction se perd dans les mémoires. Louis Pichonnier s’en rappelle après guerre mais la tradition remonte sans doute bien avant.

En tout cas, il est formel : la fête a eu son heure de gloire. Rendez-vous compte : « À l’époque on avait une neuvaine. Ça commençait le 17 janvier par une messe avec diacre et sous-diacre. C’était une messe de haut niveau, avec du monde du village. À partir de là et pendant neuf jours, il y avait deux messes le matin : une à 7 h 30 et une à 8 h 30. Le soir, vers 19 h 30, c’était le salut. »

« Monsieur Saint-Antoine »

La fête atteignait son paroxysme le dimanche. « Il y avait du monde plein la tribune, plein le chœur, plein partout. À l’issue de la messe, on faisait la distribution des petits pains bénis. » On raconte qu’Émile Dhalleine, boulanger à Embry, en a fabriqué jusqu’à dix mille ! « Ils arrivaient dans des grands sacs hauts comme ça » dit Louis Pichonnier en élevant la main à quatre-vingts centimètres du sol.

Ces pains étaient censés protéger les animaux de la maladie. « Les gens y croyaient ! » De retour à la maison, on le distribuait aux bêtes.

Dans le temps, le sacristain de Raimboval, Eugène Menuge faisait une quête dans les villages alentour pour payer le boulanger. « Il commençait le 1er décembre : il allait à vélo dans les maisons. On l’appelait Monsieur Saint-Antoine. »

Après la grand’messe du dimanche célébrée par l’abbé Henguelle, la foule se donnait rendez-vous sur la place où était dressé un grand chapiteau. Deux bals s’y succédaient. « C’était la famille Framery, de Beussent, qui organisait les bals. Ils avaient un orchestre qui s’appelait Dills Rodgers. » Les trois cafés du village ne désemplissaient pas. « En une journée, ils faisaient le chiffre d’affaires de six mois ou un an (...) Et entre les deux bals, dans les cafés c’était distribution de tartines beurrées ou à la confiture et de boîtes de cassoulet. »

L’honorable abbé Henguelle, qui considérait les bals d’un œil fort soupçonneux, y trouvait malgré tout son compte : « Ça permettait aux gens de se rencontrer. Alors après, il célébrait des mariages », sourit Louis Pichonnier.

« Une paix intérieure »

Dans les années 1970, Roger Denis, « un jeune conseiller municipal dynamique », a repris le flambeau d’un Eugène Menuge devenu trop âgé. « Il a sauvé la tradition », estime Louis Pichonnier.

Les bals ont disparu dans les années 1980. Et bien que la bénédiction ne déplace plus les foules, la même ferveur anime les fidèles. « Les gens y tiennent. Une dame de Rimboval en maison de retraite à Béthune envoie son fils tous les ans pour avoir des petits pains. Il y en a même qui veulent davantage de petits pains et qui en font faire par leur boulanger. Ils les apportent avant la messe pour qu’ils soient bénis. »

Louis Pichonnier soupire : « On peut se demander si ces traditions continueront. Avant c’était la fête mais ça s’est perdu. » Micheline, son épouse, n’est pas de son avis : « Moi ça m’apporte quelque chose d’aller à la messe de Saint-Antoine. Je ressens une paix intérieure. Et puis c’est important pour le village. » article de la voix du nord

P.-S.

St - Antoine presse